Chapitre 1:

« Oups ! J’ai accroché ma jupe... », s’exclame une jolie fille , la gambette en l’air, les seins pigeonnants . Sexy, souriante et "brave" comme l'on dit chez nous, tel est la description de la pin-up. Une fille de papier qu’épinglent (to pin-up), depuis plus d’un siècle, sportifs dans les vestiaires ou les soldats dans les baraquements ou les chauffeurs dans leurs camions. Qu’elle soit dessinée ou photographiée, dans un magazine ou un calendrier , la pin-up n’est pas une vraie femme mais un fantasme: on la dévore des yeux, on ne l’épouse pas.

Le terme «pin-up» date des années 1940, mais la belle est fille de la révolution industrielle .c’est le magazine américain Life qui voit émerger le premier grand phénomène pin-up en 1887 : la Gibson Girl . Dessinée par
Charles Dana Gibson, elle est bourgeoise , chic et... habillée ! Même si ses maillots de bain aux genoux paraissent nettement osés. Tandis que dans la rue les suffragettes se font huer, que les journaux populaires raillent la « New Woman » qui prétend travailler et être indépendante, Gibson impose cette nouvelle femme comme un idéal romantique . Bien coiffée, active et sûre d’elle, la Gibson Girl séduit les hommes par son charme. les femmes par ses tenues à la mode . En 1903, Gibson est l’illustrateur le mieux payé du pays.
Chapitre2:

La pin up, appelée aussi « Cheesecake » (gâteau au fromage ), est rarement nue mais montre toujours une partie de son corps (en général , ses jambes) car elle est profondément prude. Elle ne montre jamais son sexe et l’acte d’amour n’est que suggéré par l’expression son visage , contrairement aux pin-ups actuelles qui tombent en déchéance car dessinées, sinon d’une façon pornographique, du moins d’une manière vulgaire.
L’âge d’or de la pin-up débute dans les années 30, avec deux dessinateurs devenus des classiques du cheesecake:
George Petty et
Alberto Vargas, qui font le succès du magazine américain Esquire. Dès son premier numéro , en 1930, cette publication masculine de haute tenue glisse entre ses pages politique et littérature une Petty Girl : d’abord entièrement vêtue, elle s’effeuille au fil des années... avant d’inaugurer, en 1939, le premier « cahier central de trois pages », à déplier et à détacher. . Alors que la Petty Girl est une charmeuse naïve, la Vargas Girl, qui lui succède, joue plutôt la femme fatale . Les deux ont en commun une plastique totalement irréaliste (jambes démesurées et taille de guêpe),et un succès foudroyant. Le premier calendrier de Vargas Girls, publié en 1940, est un best-seller . Et la pin-up conquiert ses titres de respectabilité : les magazines généralistes (Time, Look, Cosmopolitan ...) emboîtent le pas à ce nouvel art populaire , demandant à des artistes de croquer les stars de cinéma dans le style cheesecake.

.......................................Une Petty Girl.............................................Une Vargas Girl